Carnet du Cavalier

Progresser dans les déplacements latéraux avec la méthode de L'Appuyer

Progresser dans les déplacements latéraux avec la méthode de L'Appuyer, séance de dressage amateur près de Saumur
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Est-ce que ça vous est déjà arrivé de pousser, pousser encore, et de sentir que rien ne se passe de l'autre côté ? Chez moi, ça a duré des semaines entières, chaque fois que mon moniteur demandait un déplacement latéral sur la piste de mon club. Je note tout ça dans ce carnet parce qu'en dressage amateur, personne ne vous prévient que la jambe isolée peut refuser de collaborer pendant des mois d'affilée, sans qu'on comprenne pourquoi.

Avant d'aller plus loin, un mot sur ce carnet : certains liens ici sont affiliés, et si un jour vous craquez pour une méthode que je mentionne, je touche une commission sans que votre prix ne bouge d'un centime. Je ne suis ni monitrice ni professionnelle du dressage, juste une amateur qui a repris les rênes il y a quatre ans, après une longue pause, et qui essaie de ne pas trop se planter dans ses reprises de club à Saumur. En cas de doute sur la sécurité ou la santé de votre cheval, direction votre enseignant, toujours.

Pourquoi ma jambe isolée ne servait à rien dans les déplacements latéraux

Tout a commencé avec la cession à la jambe, sur cette piste de vingt mètres sur quarante que je connais par cœur, le sable un peu collant le matin, encore marqué par le passage du râteau, les lettres blanches vissées aux planches du tour de piste, décolorées par endroits. Mon cheval de club, un grand bai pas franchement motivé, tombait sur son épaule extérieure à chaque tentative, fuyait ma jambe, et moi je finissais par pousser comme si je voulais déplacer un meuble trop lourd. C'était laid, c'était forcé, et honnêtement, ça ne menait nulle part.

Une copine du club m'avait conseillé une ceinture lombaire pour corriger ma posture pendant les cours, je l'ai portée plusieurs séances d'affilée, convaincue que le problème venait de mon dos qui s'affaissait. Résultat : rien. Le bassin restait bloqué, la jambe restait sourde, et la ceinture finissait surtout par me gêner en fin de reprise. Ce n'était pas un problème de posture. C'était un problème de propulsion, et il m'a fallu du temps pour l'admettre.

Gros plan sur l'action de la jambe isolée pendant un déplacement latéral en dressage amateur

J'ai arrêté de chercher le pli avant l'engagement

La méthode L'Appuyer (dressage du cheval) m'est tombée dessus par hasard, un soir où je cherchais tout autre chose. Ce qui m'a accrochée, c'est qu'elle ne parlait pas de concours, elle parlait de décomposer. J'ai compris que je cherchais le pli de l'encolure avant même d'avoir l'engagement, l'erreur classique que je devais faire depuis des mois sans le savoir. Mon assiette indépendante, celle qui reste stable pendant que la jambe agit seule, je la connaissais en théorie depuis longtemps ; la sentir vraiment, en plein exercice, c'est autre chose. Et relâcher l'aide au bon moment, plutôt que la garder collée en continu, s'est révélé presque plus difficile que de la donner.

J'ai commencé à intégrer mes exercices pour mieux engager les postérieurs de son cheval en dressage avant même de penser à me décaler d'un centimètre. La note du programme, autour de 4,5, ne m'avait pas convaincue au départ, je me méfie de ces chiffres, mais l'approche, elle, est vraiment pensée pour les amateurs qui n'ont pas un cheval de Grand Prix sous la selle.

Semaine sept : un serpentin tenu sans y penser

Vers la semaine sept, quelque chose a changé sans prévenir. J'ai tenu un serpentin entier, d'un bout à l'autre du manège, sans chercher mes rênes du regard une seule fois, sans vérifier où étaient mes mains. Ça paraît anodin, écrit comme ça, mais pour moi, c'était la première fois que mon corps réagissait tout seul, sans que ma tête ait besoin de piloter chaque foulée.

Ce jour-là, les lucarnes du grand côté laissaient tomber un carré de lumière sec sur le sable, en fin d'après-midi, une chaleur presque physique dès qu'on marchait dedans, et un froid immédiat dès qu'on en ressortait. J'ai aussi fini par comprendre l'utilité du demi-arrêt pour l'équilibre, sans lequel le cheval s'écrase sur son avant-main avant même le premier pas de côté.

L'impulsion n'est pas la vitesse, ça, je l'avais déjà appris en travaillant mes transitions montantes, mais l'appliquer au travail latéral, c'est une autre paire de manches. Pareil pour la rectitude : elle n'a rien à voir avec le pli, et je continue de confondre les deux certains jours, quand la fatigue s'installe en fin de reprise.

Cheval de club en plein travail d'épaule en dedans pendant une reprise de dressage amateur

Le mardi, Alexis n'a aucune patience pour la répétition

Le mardi soir, je croise souvent Alexis Tardivel, revenu à l'équitation après une blessure au genou et reparti sur le plat pour sa rééducation. Il n'a strictement aucune patience pour les exercices répétitifs, mais il comprend la raison derrière en deux phrases, ça m'agace un peu, si je suis honnête, moi qui ai mis des mois à piger la même chose. Cette semaine-là, il travaillait la sortie de coin, parce que oui, le passage des coins change tout en dressage, avant d'attaquer une amorce d'appuyer vers la ligne du milieu.

Ses premiers pas de côté, ceux qu'on découvre avec la cession à la jambe avant même d'y penser sérieusement, n'ont rien à voir avec ce qui vient ensuite, et personne ne nous le dit assez tôt. L'équilibre, le sien comme celui du cheval, se travaille aussi ailleurs, dans les transitions descendantes qu'on bâcle trop souvent. Sans décontraction en tout début de séance, avant même la première foulée au trot, rien de tout ça ne tient debout, c'est la base avant la base, celle qu'on oublie dès qu'on est pressé. Quand son cheval engage enfin le postérieur interne sous la masse, Alexis fait cette tête étonnée que je devais faire moi aussi, la première fois.

La réponse au parc du château

Après la reprise, on va parfois marcher avec Solenn Berthou du côté du parc du château de Saumur, les chevaux laissés au club pour une heure. Solenn suit des cours de pilates pour travailler son équilibre en selle, et elle passe son temps à me répéter que la cession à la jambe et l'appuyer, ce n'est pas du tout le même exercice, même si les deux mélangent jambe et pli. Ce jour-là, elle m'a écoutée raconter ma semaine sans dire grand-chose, ce qui, avec elle, veut souvent dire qu'elle a compris avant moi ce qui se passait.

En y repensant, trois choses avaient joué ce jour où l'appuyer a enfin glissé tout seul : la chaleur qui m'empêchait de me crisper, la clarté du schéma que je gardais en tête grâce à la méthode L'Appuyer, qui simplifie vraiment la position du bassin, et le fait d'avoir accepté que mon cheval n'irait pas plus vite que ça. Le plateau, je le connais bien maintenant, ces semaines où on a l'impression de reculer alors qu'on travaille plus que jamais, et cette fois, je l'avais accepté avant même de monter en selle.

Mains de la cavalière amateur sur les rênes en cuir après un déplacement latéral réussi

Une progression équestre qui ne ment pas

Je ne vais pas vous mentir : la séance suivante, j'ai tout reperdu. Un pas de géant, trois pas en arrière, c'est ça, la progression équestre version amateur, un peu comme apprendre un instrument où le déclic ne revient jamais le jour où on l'attend. Ce qui reste, en revanche, c'est la compréhension : quand l'appuyer rate, ce n'est presque jamais parce que le cheval est têtu, c'est parce que la propulsion vers l'avant a disparu quelque part avant même le premier pas de côté. La méthode m'a aidée à voir les épaules en dedans et les cessions non plus comme des corvées, mais comme un vocabulaire qu'on apprend mot après mot, même dans un petit manège de club.

S'il y a une chose à retenir de ces semaines-là, c'est que la souplesse latérale ne se règle jamais en travaillant le côté, elle se règle en travaillant ce qui pousse par-derrière. Voilà le seul conseil que je redonnerais à la Pauline de février, celle qui s'accrochait avec les mollets en pensant que ça suffirait. Et vous, c'est quoi le mouvement qui vous résiste en ce moment ? Si vous cherchez un coup de pouce pour clarifier vos aides latérales, j'ai testé et je recommande d'aller découvrir la méthode L'Appuyer pour progresser enfin, ça reste, pour moi, ce qui a cassé la monotonie des séances qui finissaient toutes par se ressembler.

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